Interview de Pierre Giacometti par Ludovic Vigogne pour L’Opinion.
Ni de droite, ni de gauche, libéral et étatiste, autoritaire et ouvert, plus sarkoziste que hollandais ? A travers onze contributions exceptionnelles, l’Opinion tente de mettre à nu les ressorts du macronisme. Aujourd’hui, le cofondateur de No Com, Pierre Giacometti.
Les six premiers mois du quinquennat n’ont pas atténué le risque, observé en juin dernier, d’une transformation réservée à une France optimiste. C’est même l’inverse qui se produit. La transformation n’est, certes, pas contestée dans sa légitimité mais son mode opératoire semble moins bien compris. Après ces premiers mois d’action, on a le sentiment que s’installe une forme d’usure mêlée d’impatience à l’égard d’un débat suscitant aujourd’hui davantage de réflexes d’inquiétude et d’incompréhension que d’espoir. L’ambition de la transformation est très exigeante, car elle est associée à un temps long. Or elle doit faire face à l’impatience de résultats, celle du temps court. En six mois, le besoin de protection et le repli identitaire ont gagné du terrain. A la montée du scepticisme dans les classes moyennes et les classes populaires s’ajoute l’inquiétude croissante concernant l’avenir du pays, et notamment sa capacité à offrir des perspectives positives aux générations futures.
L’équation de la réussite de la transformation rappelle celle observée dans les entreprises. Comment éviter que la conduite courageuse de réformes difficiles n’entraîne pas la montée du sentiment d’injustice ? Comment concilier action réformatrice et besoin d’équité ? Ces questions sont au cœur du débat actuel sur la transformation. Les réformes économiques engagées depuis 6 mois divisent les Français. L’attente de justice sociale comme première condition de la réussite de la transformation connait une progression significative, notamment dans la France populaire. Et les Français qui demandent un cap et une lisibilité du changement semblent pour l’instant rester sur leur faim. Oui, disent-ils, la transformation est en marche et elle est menée avec un certain courage, mais il lui manque un récit, une vision de la France transformée au bénéfice de tous.
En 1958, quand le Général revient au pouvoir il présente aux Français ses trois combats : la résolution de la crise algérienne, l’instauration du nouveau franc et l’élaboration d’une nouvelle Constitution. « Sa » transformation est installée. C’est au même défi qu’est confronté aujourd’hui le président de la République : installer un récit clair, compris et mémorable, que tous ses soutiens puissent décliner avec cohérence.
Pour lui, l’enjeu clé du récit de la transformation dans les mois qui viennent, c’est de traduire le concept en combats prioritaires et de fixer le calendrier des résultats attendus. L’action menée en matière d’éducation fait bien figure d’atout numéro un. Les niveaux d’approbation des actions engagées depuis six mois et destinées à améliorer la situation de l’école sont remarquables Les Français sont rassemblés derrière l’action du ministre. Les clivages politiques disparaissent. Les bons combats de la transformation ont besoin de consensus. On les retrouve aussi, dans une moindre mesure, dans d’autres domaines comme la sécurité et l’aide aux entreprises.
Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait affiché l’éducation comme le combat majeur du futur quinquennat. Ce combat pour l’école présente deux avantages : il permet de faire la pédagogie du temps de la transformation – celui du temps long – de la patience et du travail de fond. C’est le temps présidentiel. Et, dans les résultats de ce tableau de bord, il apparait comme le combat « transpartisan » par excellence, rassemblant la gauche et la droite. La reprise en main des fondamentaux de l’école est en phase avec la perception d’une transformation labellisée « ni gauche ni droite » par une nette majorité de Français.
Pierre Giacometti
Coprésident de No Com
Découvrez dans cette présentation les principaux enseignements :
*Le cabinet de conseil en stratégie NO COM a lancé en mai le Tableau de Bord de la Transformation de la France.
Cette enquête d’opinion commandée à l’IFOP, en partenariat avec le JDD, a pour objectif de cerner la perception qu’ont les Français de la transformation de la France. Ce débat sur la transformation a été au cœur de la dernière campagne présidentielle. Porteur de réflexions stratégiques pour le monde de l’entreprise, il est aussi devenu, par la force des circonstances, un débat politique central.
Ce tableau de bord de la transformation de la France permettra, dans les années qui viennent, de mieux comprendre l’impact de la transformation auprès des Français. Il est constitué d’une série d’indicateurs abordant quatre thématiques majeures : la confiance dans l’avenir, la dynamique d’adhésion/résistance, les bénéfices attendus et la perception des actions engagées.
COMMUNIQUÉ DE PRESSE, 13 JANVIER 2017
Programme d’exploration des opinions et des comportements, NO COM PROJECT s’appuie sur l’exploitation des tendances d’opinion NO COM, sur des enquêtes exclusives d’instituts d’étude et sur un dialogue permanent avec des dirigeants d’entreprise. L’objectif : faire émerger de nouvelles solutions, moteurs d’innovation et de transformation pour les entreprises et les marques.
Sujet de cette première édition : la transformation dans les grandes entreprises et, plus particulièrement, la façon dont les salariés la vivent et la ressentent. L’enquête, exclusive, a été menée par Harris Interactive auprès de 1448 salariés d’entreprises de 500 salariés et plus.
Pour une majorité d’entre eux, les plans de transformation sont une réalité : 6 salariés sur 10 déclarent en avoir vécu au moins un au cours des 5 dernières années. Et souvent pas qu’un seul puisque le nombre moyen de plans de transformation vécus par salarié s’établit à 2,4.
La perception de ces plans de transformation est contrastée : si leur nécessité est admise par une large majorité (70 %), leur efficacité est mise en doute (54 % de salariés déclarent qu’ils ne produisent pas les résultats espérés) et, pour 61 %, leurs conséquences sur les conditions de travail et la cohésion représentent un sujet de préoccupation.
Cette ambivalence explique pourquoi les salariés, quand ils font le bilan du dernier plan de transformation qu’ils ont vécu, sont plus nombreux à penser qu’il a été positif pour l’entreprise (59 %) que pour eux même (42 %).
Le sens. Pour Pierre Giacometti, co-président et fondateur de NO COM, « répondre à la quête de sens c’est proposer aux collaborateurs un récit qui assure une cohérence et une crédibilité à la démarche engagée par l’entreprise. Le récit de la transformation est le meilleur moyen de réduire le risque d’un écart trop important entre le bénéfice pour l’entreprise et le bénéfice pour le salarié ».
La transparence. Pour Pierre Giacometti, « cette attente est le reflet de l’état de la société marquée par la défiance croissante à l’égard de toute forme d’autorité. Les salariés sont aussi des citoyens et des consommateurs. Plus la transparence est au rendez-vous, plus il est possible d’établir le lien et la confiance ».
L’engagement. Près de deux tiers des salariés pensent que le dernier plan de transformation qu’ils ont vécu n’a pas suffisamment tenu compte des remarques et des suggestions des salariés de l’entreprise et n’a pas augmenté la motivation et l’engagement des collaborateurs. « Pour renforcer l’engagement des collaborateurs, les entreprises ont intérêt à ne pas les considérer comme des exécutants dociles, mais plutôt comme des parties-prenantes qui veulent être considérées, être entendues et même parfois influencer la stratégie. Dans ce dialogue constructif avec le terrain, les managers opérationnels ont un rôle clé » conclut Alain Péron, co-président et fondateur de NO COM.
NO COM a lancé en mai le Tableau de bord de la transformation de la France, avec une première vague en mai à la suite de l’élection présidentielle et une seconde à la suite des législatives.
Cette enquête d’opinion commandée à l’IFOP, en partenariat avec le JDD, a pour objectif de cerner la perception qu’ont les Français de la transformation de la France. Ce débat sur la transformation a été au cœur de la dernière campagne présidentielle. Porteur de réflexions stratégiques pour le monde de l’entreprise, il est aussi devenu, par la force des circonstances, un débat politique central.
Ce tableau de bord est constitué d’une série d’indicateurs abordant cinq thématiques majeures : la confiance dans l’avenir, la dynamique adhésion/résistances, les bénéfices attendus pour la France et pour soi-même, les choix de société quant à l’avenir et les valeurs associées à cette transformation.
Découvrez dans cette présentation les principaux enseignements :
https://www.slideshare.net/CabinetNoCom/le-tableau-de-bord-de-la-transformation-de-la-france-vague-2
Le cabinet de conseil en stratégie NO COM lance une enquête d’opinion en partenariat avec le JDD.
Son objectif : cerner la perception qu’ont les Français de la transformation de leur pays.
Ce débat sur la transformation a été au cœur de la dernière campagne présidentielle. Porteur de réflexions stratégiques pour le monde de l’entreprise, il est aussi devenu, par la force des circonstances, un débat politique central.
Le Tableau de Bord de la Transformation de la France, dont les résultats de la première vague ont été publiés dans le Journal du Dimanche du 28 mai, permettra, dans les années qui viennent, de mieux comprendre l’impact de la transformation auprès des Français.
Ce tableau de bord est constitué d’une série d’indicateurs abordant trois thématiques majeures : la confiance dans l’avenir, la dynamique adhésion/résistances, et les bénéfices attendus pour la France et pour soi-même.
Cette première vague sera complétée par une deuxième plus approfondie à la fin du mois de juin.
Voici les résultats de cette première vague :
Retrouvez les résultats détaillés du sondage réalisé par l’IFOP ici
Cette initiative s’inscrit dans le programme NO COM PROJECT que nous avons lancé en début d’année, et dont le premier volet examinait la perception par les salariés des processus de transformation dans leur entreprise.
NO COM PROJECT est un programme d’exploration des opinions et des comportements visant à aider les entreprises dans l’élaboration de récits qui transforment. Ce programme s’appuie notamment sur l’exploitation des tendances NO COM, sur des enquêtes commandées auprès d’instituts d’étude ainsi que sur un dialogue permanent avec de grands dirigeants d’entreprise. Il a pour ambition de faire émerger de nouvelles solutions qui constituent, pour les entreprises et les marques, des moteurs d’innovation et de transformation.
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Pierre Giacometti et Alain Péron : ce que la «société paranoïaque» a changé pour la communication des entreprises.
« Les patrons sont aussi exposés que les responsables politiques à la pression des enjeux d’opinion. Ils ne peuvent plus être déconnectés de l’état réel de la société », argumentent les deux fondateurs de la société de conseil rebaptisée NO COM