No Com vient de recruter François-Xavier Maigre, ancien journaliste, en tant que Directeur éditorial.
Il sera chargé du déploiement d’une nouvelle offre éditoriale à destination des entreprises.
A travers cette nouvelle offre, No Com propose d’accompagner les entreprises et leurs dirigeants dans tous les projets éditoriaux susceptibles d’incarner leur récit stratégique : écriture d’ouvrages (essai, récit, livre d’entretiens…), co-création de magazines, de mooks, de podcasts, de contenus vidéos, de bandes dessinées…
Âgé de 40 ans, François-Xavier Maigre a mené une première vie professionnelle dans la presse. Diplômé de l’École Supérieure de Journalisme de Paris, il a notamment travaillé pendant 15 ans au sein du groupe Bayard : journaliste au quotidien la Croix (2008-2014), rédacteur en chef du mensuel Panorama (2014-2018) puis rédacteur en chef à l’hebdomadaire Le Pèlerin (2018-2022).
Ses missions successives l’ont conduit à réaliser des reportages en France et à l’étranger, à interviewer des personnalités de tous horizons et à manager une équipe de rédaction. En tant que rédacteur en chef, il a également animé de nombreuses conférences et est intervenu à la radio ou à la télévision. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, parus notamment aux éditions Bayard.
Ce recrutement s’ajoute aux deux derniers effectués en septembre 2022 pour renforcer ses équipes et compléter ses expertises au service des transformations des entreprises : Pierre de Feydeau, directeur conseil, et Lucie Paturel, directrice conseil et responsable du pôle média et influence.
Pour la première fois depuis 2017, la volonté de « préserver la France et de protéger son identité » est devenue majoritaire aux yeux des Français dans le baromètre Ifop-No Com pour « Les Echos ». Les termes mêmes de « transformation » et de « réforme » ont chuté dans l’opinion, au fur et à mesure que montait le « réflexe souverainiste »
C’était il y a quatre ans à peine mais cela paraît une éternité. « Le protectionnisme, c’est la guerre », lançait Emmanuel Macron dans l’entre-deux-tours de la présidentielle. L’objectif du fondateur d’En marche était alors de se poser en moderniste – il prônait « une transformation complète » et même une « révolution » – et de dénigrer sa rivale, Marine Le Pen, accusée de ne pas être « dans le réel ». Le discours a séduit. Mais depuis, le président de la République a déjà très largement rééquilibré sa promesse de « libérer, protéger », en faveur du second terme. La crise des « gilets jaunes » et l’épidémie de Covid, inédites, sont passées par là. Et c’est peu dire que l’opinion publique a changé.
A l’approche de la fin du quinquennat, l’enthousiasme suscité par l’idée même de transformation a cédé la place au doute, à la résistance au changement et à la montée du « réflexe souverainiste », révèle le « baromètre de la transformation de la France » réalisé par l’Ifop pour l’agence No Com, en partenariat avec « Les Echos » et Radio classique. Selon ce sondage, mené auprès de presque 2.000 personnes avant les régionales et publié ce jeudi, la volonté de « préserver la France et de protéger son identité » est devenue majoritaire, pour la première fois depuis 2017. Pour 52 % des Français, la priorité, pour les années qui viennent, est de « préserver la France telle qu’elle est pour protéger son identité face au monde qui change ». Soit 21 points de plus qu’il y a quatre ans.

Une opinion en doute, en quête d’un modèle alternatif.
Pierre GiacomettiFondateur de No Com
A l’inverse, la proportion de ceux qui jugent qu’il faut « transformer en profondeur » le pays pour « l’adapter au mieux au monde qui change » a chuté de 69 % à 48 %. Dans la même veine, presque les deux tiers des Français (64 %) veulent aujourd’hui que les autorités « protègent les emplois traditionnels », soit 14 points de plus en quatre ans, plutôt que « s’engager résolument dans la révolution numérique ». Les jeunes sont la seule catégorie d’âge à encore souhaiter, à 55 %, la transformation de la France. Les classes aisées aussi, à hauteur de 59 %, mais elles étaient 80 % en 2017.
Sur le plan politique, la demande de préservation identitaire est très forte dans les anciens électorats de Jean-Luc Mélenchon (58 %) et surtout de Marine Le Pen (68 %), mais encore minoritaire dans ceux d’Emmanuel Macron (39 %) et de François Fillon (45 %). Le terme de « transformation » évoque toujours « quelque chose de positif » aux yeux de six personnes sur dix. Mais il suscite plus que jamais de la « méfiance », de l’« inquiétude », ainsi que de la « lassitude » et de l’« incompréhension ».

Le mot « réforme » était jugé positivement par 70 % des Français en 2017 ; il ne l’est plus qu’à 49 %. « L’univers du négatif a gagné du terrain. Nous sommes passés d’une transformation consensuelle à une transformation controversée », résume Pierre Giacometti, le fondateur de No Com, parlant d’« une opinion en doute, en quête d’un modèle alternatif ».
Même s’ils sont totalement partagés dès que l’on aborde la question des prix des carburants, entre la priorité à l’écologie et celle au pouvoir d’achat, plus de huit Français sur dix jugent « possible » un autre modèle de transformation, avec pour principaux leviers la protection et la souveraineté. Les deux tiers d’entre eux s’accordent à dire que la France ne s’est pas transformée, portant un regard négatif sur l’action d’Emmanuel Macron, si ce n’est pour faciliter la création et le développement des entreprises. Le regard porté sur le quinquennat est noir. Il l’est tout autant sur l’Europe : 57 % des Français réclament que leur pays, à l’avenir, « soutienne clairement l’objectif de moins d’Europe », contre 44 % en 2017.
Invité à commenter cette enquête, Michel Barnier , a jugé « inquiétante » la « lassitude » des Français. « La transformation ne peut pas se décréter d’en haut, c’est peut-être ça le problème des quatre années dernières », a souligné l’ancien ministre et ancien commissaire européen, taclant Emmanuel Macron et sa théorie des « premiers de cordée ». « L’adaptation qui est si nécessaire doit être mieux partagée. La clé, c’est qu’on ne peut pas faire cela contre les citoyens et sans eux », a insisté ce membre des Républicains, revenu dans le débat public à l’approche d’une présidentielle au cours de laquelle il entend être « utile ». Pour lui, une chose est sûre en tout cas : avant la présidentielle , ce n’est « pas le moment de rouvrir un débat mal conduit » sur la réforme des retraites.
Article dans les Echos du 1er juillet 2021
Retrouvez l’intégralité de la présentation du Tableau de Bord de la Transformation de la France en partenariat avec Les Echos et Radio Classique et notre invité exceptionnel Michel Barnier : https://drive.google.com/file/d/1meHOvlw5uE8Vrh8ODVhHJ46caHVsF34Z/view
Tribune de Pierre Giacometti pour Le Point
Après près de trois mois de confinement, les Français continuent à porter un regard exigeant sur les contours de la transformation de leur pays.
Lancé au printemps 2017, quelques semaines après l’élection d’Emmanuel Macron, le tableau de bord No Com de la transformation de la France décrypte régulièrement les attentes des Français sur la traduction concrète des réformes engagées. Dans cette huitième vague réalisée début juin, leurs interrogations restent intactes.
L’opinion reste en effet toujours très partagée sur les bénéfices de la transformation engagée en 2017, pour la France comme pour les Français eux-mêmes. Trois mois de crise sanitaire n’ont en effet pas fait disparaître le clivage social installé depuis plusieurs années entre cette France plutôt favorisée, qui croit dans les acquis du changement, et celle plus inquiète des effets de la mondialisation. Avec cette crise sanitaire historique vécue à l’échelle de la planète, jamais les Français, déjà plus sévères que leurs voisins avant la crise, ne s’étaient montrés aussi critiques sur la mondialisation. Ce rapport tourmenté à leur environnement extérieur continue à structurer des mouvements d’opinion souvent contradictoires entre désir d’ouverture et d’adaptation et aspiration à la protection et au repli.
Pourtant cette enquête commence par un constat plutôt positif avec une remontée d’optimisme. Le moral des Français est légèrement à la hausse par rapport à la vague précédente conduite au lendemain des grèves contre la réforme des retraites. Cette amélioration est sans doute explicable par l’effet de soulagement provoqué par la fin du confinement. C’est notamment le cas parmi les femmes, les jeunes et les catégories sociales favorisées. Autre signe positif, malgré le climat de crise économique consécutif à la crise sanitaire : les Français continuent majoritairement à souhaiter que leur pays se transforme. Et ils sont également plus nombreux à reconnaître que la crise de la COVID-19 va transformer leur vie de manière positive.
Dans un contexte d’une crise sanitaire toujours génératrice de peur et d’une crise économique aux conséquences sociales déjà perceptibles, le maître mot de cette transformation c’est la protection. Le mot est plébiscité par 78 % des Français. 65 % des personnes interrogées par l’IFOP attendent de la transformation qu’elle cherche d’abord à protéger les emplois traditionnels au détriment de la révolution numérique : c’est une progression de 15 points en trois ans et de 5 points depuis décembre. La tendance est également toujours orientée vers la nécessité de protéger contre les licenciements et de réduire les inégalités. Derrière cette attente de protection un acteur devient central : l’État, il est omniprésent depuis 3 mois sur les deux volets, sanitaire et économique. Jamais depuis la création de ce tableau de bord l’opinion n’avait souhaité avec autant d’intensité que son rôle soit maintenu ou renforcé. Illustration de ce réflexe, le décalage symbolique entre le soutien majoritaire au principe de la nationalisation et le rejet tout aussi dominant du principe de la privatisation. Il serait hâtif d’en conclure à une évolution idéologique des Français en faveur de la gauche. Ce réflexe « de crise » ressemble plus à une volonté pragmatique de reprise de contrôle de la France sur le cours de son modèle de développement.
Cette aspiration s’exprime aussi par une reprise de contrôle environnemental. La crise sanitaire n’empêche pas l’aspiration croissante à la transition écologiste qui continue dans le tableau de bord No Com à tracer son chemin. L’adhésion des Français à la transition verte devient de plus en plus consensuelle. Elle ne fait plus désormais de différence entre les classes sociales. Elle connaît une impressionnante poussée parmi les jeunes générations. Mais la question à venir, illustrée par le débat sur les suites des propositions faites par la convention climat, sera de savoir si les Français, en pleine crise économique, seront prêts à mettre cette aspiration nouvelle en phase avec leurs actes, et leur éventuel vote. Dans un scénario d’une transformation alternative à celle conduite aujourd’hui, la transition écologique subit en effet la concurrence directe des urgences liées au contexte de crise. Dans le modèle de transformation post-crise sanitaire imaginé par les Français, la souveraineté industrielle, la réduction des inégalités et le contrôle plus sévère des flux migratoires devancent l’accélération de la transition écologique. Entre les urgences économiques et sociales du lendemain de la crise sanitaire et les priorités de long terme inspirées par la transition verte on devine dans ce tableau de bord No Com la délicate équation des deux dernières années du quinquennat.
Lire la tribune dans Le Point
L’épidémie ralentit, mais la peur qu’elle suscite est encore bien présente, au point même de ralentir la reprise économique. La crise a renforcé les tendances lourdes du monde d’avant : plébiscite de l’échelon local ; défiance envers les niveaux nationaux ou supranationaux ; attentes démultipliées envers les entreprises, sommées de mettre en adéquation les paroles et les actes dans une période de menace sur l’emploi.
Alors que les courbes des décès retombent fort heureusement dans la plupart des pays, les courbes de la peur liée au virus continuent, elles, de plafonner, signe que si l’épidémie ralentit, la crainte, elle, reste très présente. C’est ce que montre le baromètre No Com des deux crises, la sanitaire et l’économique, réalisé des deux côtés des Pyrénées.

Le besoin d’hyperprotection l’emporte pour l’instant sur la reprise économique : 65 % des Français considèrent qu’il est préférable d’adopter un excès de précaution pour protéger la santé plutôt qu’un retour rapide à la vie normale pour protéger l’économie. Même réflexe du côté espagnol où huit citoyens sur dix font le même choix. En revanche, les opinions publiques des deux pays ne s’accordent pas sur quelle est la plus grande menace aujourd’hui : une majorité de Français perçoit déjà la crise économique comme la première menace (58 %) alors qu’une majorité d’Espagnols considèrent qu’il s’agit encore de l’épidémie (53 %). Ceci montre que la santé pour soi reste pour l’instant la préoccupation majeure, mais que cette situation pourrait évoluer rapidement et la peur sociale l’emporter sur la peur sanitaire.
Justement, la crise sanitaire est-elle derrière nous ? Est-elle encore devant nous avec une hypothétique deuxième vague ? La prudence semble aujourd’hui de mise dans les propos des responsables publics qui adaptent leur vocabulaire pour faire passer le message du déconfinement progressif. En France, on parle de « vie normale ». En Espagne, on parle de « Nueva Normalidad », la Nouvelle Normalité, avec des majuscules, plus chic et calqué sur le « new normal » des Américains. Autre différence, l’Espagne déconfine en quatre phases extrêmement complexes, freinant ainsi par exemple la reprise de Madrid, moteur économique espagnol, qui reste encore dans la phase de confinement marqué ; quand la France déconfine en couleurs : rouge ou vert. Restaurants ouverts au-delà, fermés en deçà. Réunions de dix personnes autorisées en deçà, interdites au-delà… La France et l’Espagne ne se sont accordées que sur une quatorzaine « obligatoire » pour les personnes qui traverseraient la frontière : une manière de décourager les touristes et de ralentir les échanges économiques entre deux pays au nombre de victimes pourtant proche et qui ont fait des choix de déconfinement opposés.
Plus on est proche, plus on fait confiance. Voilà la conclusion que l’on pourrait tirer du confinement français. Les Français plébiscitent leurs élus locaux, notamment les maires, auxquels 80 % accordent leur confiance dans la gestion de la crise sanitaire et 75 % aux élus locaux pour atténuer les effets de la crise économique. La grande distribution, très sollicitée pendant la crise et qui a misé sa communication sur la proximité avec le choix du made in France et du consommer local, est récompensée de ses efforts : 55 % des Français lui font confiance. Un score qui grimpe jusqu’à 83 % en Espagne.

Le revers de la confiance, c’est l’éloignement. Union européenne et gouvernements obtiennent en France et en Espagne des scores proches et faibles : 40 % pour l’UE et autour d’un tiers de confiance pour les exécutifs nationaux. Les reproches sont nombreux pour l’UE : absence de coordination sanitaire ; absence de coordination scientifique avec l’échec de Discovery ; absence de coordination sur l’ouverture ou la fermeture des frontières, absence de leadership d’une présidence de Commission inconnue et inaudible. Les États décident et l’opinion s’interroge sur l’utilité de l’entité européenne. Avant la crise, les quatre grands pays européens montraient déjà un niveau de défiance préoccupant : un Allemand sur deux accordait sa confiance à l’UE, quatre Espagnols et Italiens sur dix et moins d’un tiers des Français.
Le télétravail a progressé dans la société française, confinement oblige. Un actif sur trois et sept cadres sur dix ont eu recours au télétravail et une large majorité (73 %) souhaitent réitérer l’expérience. Une demande des salariés qui va sans doute changer les habitudes des entreprises et qui consacre, comme le rappelle la une du Point de cette semaine, le « boulot sans le métro ». Cette évolution accroît encore les différences entre salariés, entre ceux qui peuvent avoir recours à ce mode d’organisation et ceux pour qui cela est dans les faits impossible. Le fait que la peur du virus soit plus forte parmi les catégories populaires que dans les catégories aisées vient du fait que les premières ont été exposées alors que les secondes ont été protégées par le télétravail.

Au-delà des adaptations d’organisation comme le télétravail, les entreprises vont devoir donner des gages du changement qu’elles ont amorcé avec la crise du coronavirus. Dans les discours, la crise agit pour certaines entreprises comme un accélérateur de RSE. Pour 69 % des Français, la « raison d’être » des entreprises était avant tout une opération de com et 56 % que l’adéquation entre la parole de l’entreprise et ses actes n’était pas au rendez-vous. Comment la crise va-t-elle permettre ou non d’accorder les paroles et les actes ? Les discours des dirigeants, nombreux depuis ces dernières semaines sur le changement des règles, la démondialisation, la décarbonisation ou encore une autre croissance sera-t-il suivi des faits ? Est-ce bien cohérent avec une reprise économique que l’on peut souhaiter rapide et massive pour limiter les effets sociaux délétères et surtout pour protéger l’emploi ? Il est sans doute trop tôt pour le dire. Ce qui est certain, c’est que les entreprises sont davantage observées.
No Com est le cabinet de conseil en stratégie fondé par Pierre Giacometti et Alain Péron en 2008. Avec son équipe de conseillers expérimentés, le cabinet accompagne en France et à l‘international les dirigeants de grandes entreprises privées et publiques dans la définition, le déploiement et la communication de leur stratégie. No Com créé, pour les entreprises et leurs dirigeants, des récits qui transforment et favorisent l‘innovation. Le cabinet a son siège à Paris et dispose d‘une filiale à Madrid.
Source : https://www.lepoint.fr/tiny/1-2376582